La règle de trois
La règle de trois et le produit en croix expliqués aux adultes : courses, recettes, carburant, temps partiel. Une méthode sûre, pas à pas.
La règle de trois trouve une valeur manquante quand deux grandeurs sont proportionnelles.
Au marché, 3 kg de pommes coûtent 7,50 €. Vous en voulez 5 kg : €.
Trois nombres connus, un nombre cherché, et une méthode qui ne se trompe jamais… à condition de savoir quand l’utiliser.
Quand peut-on utiliser la règle de trois ?
Deux grandeurs sont proportionnelles quand on passe de l’une à l’autre en multipliant toujours par le même nombre (le coefficient de proportionnalité). Si l’on double l’une, l’autre double ; si l’on divise l’une par 3, l’autre est divisée par 3.
Le prix des pommes est proportionnel à leur masse (2,50 € le kilo, quel que soit le nombre de kilos). La quantité de farine est proportionnelle au nombre de convives. La consommation de carburant est (à peu près) proportionnelle à la distance parcourue. Dans tous ces cas, la règle de trois s’applique.
Le produit en croix en action
On range les nombres dans un tableau à quatre cases : la première ligne pour une grandeur, la seconde pour l’autre. Choisissez une situation, modifiez les nombres, puis cliquez sur ▶ Animer le calcul pour voir les deux étapes.
Dans un tableau de proportionnalité :
la case manquante vaut
On multiplie les deux nombres en diagonale, puis on divise par le troisième.
Pour les pommes : €.
L’autre méthode : passer par l’unité
C’est la méthode « historique », celle que l’on enseignait à l’école primaire il y a cinquante ans, et elle reste très parlante :
- 3 kg coûtent 7,50 € ;
- donc 1 kg coûte € ;
- donc 5 kg coûtent €.
Les deux méthodes font exactement les mêmes opérations, dans un ordre différent. Choisissez celle qui vous parle le plus… ou celle qu’utilise votre enfant, pour l’aider sans l’embrouiller !
Pourquoi le produit en croix marche-t-il ?— facultatif, à sauter en première lecture
Si les grandeurs sont proportionnelles, le rapport « ligne du bas ÷ ligne du haut » est le même dans les deux colonnes : . En multipliant les deux côtés par , on obtient . Le fameux « produit en croix » n’est donc rien d’autre que : trouver le coefficient , puis l’appliquer. On en déduit aussi l’égalité : les produits en diagonale sont égaux.
Exemples résolus de la vie courante
La recette du gâteau au chocolat est prévue pour 6 personnes et demande 180 g de sucre. Vous attendez 8 enfants.
| Personnes | 6 | 8 |
|---|---|---|
| Sucre (g) | 180 | ? |
g de sucre.
Votre voiture consomme 6,5 L aux 100 km. Le trajet fait 340 km. Avec un gazole à 1,70 € le litre (prix d’exemple), combien coûte le carburant ?
- Litres : L.
- Prix : €. C’est encore une proportionnalité (prix proportionnel au nombre de litres) !
Pour 35 h par semaine, un salaire est de 2 100 € brut par mois. Quel serait-il à 28 h (un « 4/5 ») ?
€ brut. On peut aussi remarquer que , donc le salaire est multiplié par : €.
Avant de dégainer la calculatrice, regardez si un rapport simple saute aux yeux : pour passer de 6 à 9 personnes, on multiplie par 1,5 ; donc 180 g de sucre deviennent g. Plus rapide, et on vérifie l’ordre de grandeur d’un coup d’œil.
Les pièges : quand la règle de trois ne marche pas
- Une part fixe casse la proportionnalité : un taxi qui facture 4 € de prise en charge + 2 € par km coûte 24 € pour 10 km, mais pas 48 € pour 20 km (c’est 44 €).
- Les situations « inverses » : si 4 peintres mettent 6 jours pour repeindre une maison, 8 peintres ne mettent pas 12 jours… mais plutôt 3 ! Plus il y a de monde, moins c’est long : c’est une proportionnalité inverse.
- Les lots et promotions : « 1 pack de 6 à 4,20 € » ne garantit pas que 12 bouteilles achetées à l’unité coûteront 8,40 €.
- Les unités : 1 h 30 ne s’écrit pas 1,30 h mais 1,5 h. Mélanger minutes et heures fausse tout le calcul.
La règle de trois est très ancienne. Les mathématiciens indiens l’appelaient trairāśika, « les trois quantités », et Brahmagupta la décrit au VIIᵉ siècle. Transmise par les savants du monde arabe, elle arrive en Europe au Moyen Âge : en 1202, Léonard de Pise, dit Fibonacci, la met à toutes les sauces dans son Liber abaci, un manuel destiné aux marchands. Pendant des siècles, les commerçants l’ont surnommée la « règle d’or », tant elle servait à tout : changer des monnaies, partager des bénéfices, convertir des poids. Les écoliers français l’ont apprise par cœur jusqu’aux années 1970.
À quoi ça sert dans la vraie vie ?
- Comparer les prix au kilo : un paquet de café de 250 g à 3,40 € revient à 13,60 € le kilo ; un paquet de 1 kg à 12,90 € est donc plus avantageux.
- Diluer un produit : la notice indique 20 mL de produit pour 10 L d’eau ; pour un pulvérisateur de 6 L, il faut mL.
- Lire un plan : sur un plan où 2 cm représentent 1 m, une pièce dessinée sur 9 cm mesure en réalité 4,5 m.
- Calculer une durée : si vous lisez 30 pages en 45 minutes, un roman de 280 pages vous demandera environ minutes, soit 7 heures.
- Convertir des devises : si 1 € vaut 1,10 dollar (taux d’exemple, il varie chaque jour), un hôtel à 154 dollars coûte €.