Salaire brut et salaire net
Salaire brut et net : ordre de grandeur des cotisations, prélèvement à la source, brut annuel en mensuel. Comprendre sa fiche de paie avec les maths.
📚 Avant de commencer, il faut savoir : Calculer un pourcentage
Du brut, on retire les cotisations, puis l’impôt : il reste le net versé.
L’offre d’emploi annonçait « 30 000 € brut par an », soit 2 500 € par mois. Sur votre compte, il arrive environ 1 860 € : où sont passés les 640 € d’écart ?
Ils partent en deux étapes : les cotisations sociales, puis l’impôt sur le revenu. Avec quelques pourcentages, on estime l’un à partir de l’autre en quelques secondes.
Les taux de cette leçon sont des approximations valables pour un salarié du secteur privé en France en 2025. Le calcul exact dépend de la convention collective, de la mutuelle, du niveau de salaire, des heures supplémentaires… et les taux changent régulièrement. Pour un chiffre précis, seule votre fiche de paie (ou un simulateur officiel) fait foi.
Du brut au net : les trois étages
- Salaire brut : le montant inscrit sur le contrat de travail.
- Cotisations salariales : la part du brut prélevée pour financer la protection sociale (maladie, retraite, CSG, CRDS…).
- Net avant impôt : brut − cotisations.
- Prélèvement à la source : l’impôt sur le revenu, retenu directement chaque mois à un taux personnel.
- Net à payer (ou « net versé ») : ce qui arrive réellement sur votre compte.
Les cotisations salariales représentent environ 22 % du brut pour un non-cadre et environ 25 % pour un cadre. Autrement dit :
- non-cadre : ;
- cadre : .
Le simulateur : de la ligne « brut » au compte en banque
Choisissez votre statut, réglez le salaire brut mensuel, puis votre taux de prélèvement à la source (il figure sur votre fiche de paie et dans votre espace sur impots.gouv.fr). Les zones en pointillés montrent ce qui a été retenu.
Ordres de grandeur pour un salarié du privé (France, 2025) : le vrai calcul dépend de la convention, de la mutuelle, des tranches… Seule votre fiche de paie fait foi.
Exemples résolus
Camille, non-cadre, gagne 2 500 € brut par mois. Son taux de prélèvement est de 4,5 %.
- Cotisations ≈ €, donc net avant impôt ≈ €.
- L’impôt est calculé sur le net imposable, un peu plus élevé que le net (environ 2 020 € ici, voir l’encadré technique).
- Prélèvement ≈ €.
- Net versé ≈ €.
Une offre annonce « 38 000 € brut annuels sur 13 mois ». Le « 13ᵉ mois » signifie que l’on reçoit 13 versements dans l’année.
- Brut mensuel : € (et non €).
- Net mensuel (cadre, ≈ 25 %) : € avant impôt.
Vous visez 2 000 € net avant impôt par mois, en non-cadre. Quel brut demander ?
On a , donc €. Comme pour les soldes, on divise par le coefficient pour remonter en arrière.
Un temps plein de 35 heures par semaine correspond, par convention, à 151,67 heures par mois : . Au 1ᵉʳ janvier 2025, le Smic horaire brut était de 11,88 €, soit € brut par mois, environ 1 426 € net (le Smic est revalorisé au moins une fois par an).
Pourquoi l’impôt ne s’applique-t-il pas au net ?— facultatif, à sauter en première lecture
Une partie de la CSG (2,4 %) et la CRDS (0,5 %), prélevées sur 98,25 % du brut, ne sont pas déductibles de l’impôt : elles sont retirées de votre paie, mais on les « rajoute » pour calculer le revenu imposé. D’où, approximativement :
(car ).
Pour 2 500 € brut : €. S’y ajoutent parfois d’autres éléments (part de la mutuelle payée par l’employeur, par exemple). C’est cette subtilité qui explique qu’on ne retombe jamais exactement sur « net × taux ».
Les pièges
- Le taux de prélèvement ne s’applique pas au brut. 5 % de 3 000 € brut (150 €) surestime l’impôt : il porte sur le net imposable (environ 2 420 € en non-cadre).
- Une hausse de brut ne se retrouve pas à l’euro près en net : +100 € brut donnent environ +78 € net avant impôt, puis un peu moins après impôt.
- Le net d’une annonce est souvent un net avant impôt. Comparez des montants comparables.
- Le coût pour l’employeur est bien supérieur au brut : il paie en plus des cotisations patronales, dont le montant varie beaucoup selon le niveau de salaire.
En France, l’idée que chaque salaire finance la protection de tous prend sa forme moderne avec les ordonnances d’octobre 1945, qui créent la Sécurité sociale. Pendant des décennies, l’impôt sur le revenu, lui, se payait un an plus tard, sur les revenus de l’année précédente : un casse-tête pour ceux dont les revenus baissaient brutalement. Le prélèvement à la source, en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier 2019, a mis fin à ce décalage : l’impôt est retenu le mois même où l’on est payé. L’année 2018 a d’ailleurs été surnommée « l’année blanche », car l’impôt sur la plupart des revenus courants de cette année-là a été annulé pour assurer la transition.
À quoi ça sert dans la vraie vie ?
- Négocier une embauche : entre 2 800 € et 3 000 € brut, l’écart réel est d’environ 156 € net par mois en non-cadre (), soit près de 1 900 € net par an.
- Préparer un budget : avec 2 200 € brut en non-cadre et un taux de 3 %, prévoyez environ 1 660 € de net versé par mois.
- Comparer deux offres : 36 000 € sur 12 mois et 36 000 € sur 13 mois font le même total annuel, mais pas les mêmes mensualités (3 000 € contre environ 2 769 €).
- Calculer un temps partiel : un 80 % d’un brut de 2 600 € donne 2 080 € brut, soit environ 1 620 € net avant impôt.
- Estimer une prime : une prime annoncée « 1 000 € brut » rapporte, en non-cadre, de l’ordre de 780 € avant impôt, puis environ 745 € après un prélèvement à 4,5 %.