Suites arithmétiques et géométriques
Suites arithmétiques et géométriques en 1re : raison, terme général, sens de variation et sommes, avec une animation qui compare croissance linéaire et exponentielle.
Arithmétique : on ajoute toujours pareil. Géométrique : on multiplie toujours pareil.
Deux contrats à 1 000 € par mois. A : +30 € chaque mois. B : +2 % chaque mois.
Après un an, A gagne : 1 360 € contre 1 268 €. Mais après cinq ans, B l’écrase : 3 281 € contre 2 800 €.
Qu’est-ce qu’une suite ?
Une suite est une liste de nombres numérotés par les entiers naturels : , , , … Le nombre s’appelle le terme de rang (ou d’indice ).
Une suite peut être donnée de deux façons :
- par une formule explicite : permet de calculer directement ;
- par une relation de récurrence : et . Chaque terme se calcule à partir du précédent.
Les suites arithmétiques
Une suite est arithmétique s’il existe un réel tel que, pour tout entier naturel :
Le nombre est la raison de la suite. On passe d’un terme au suivant en ajoutant toujours .
Si est arithmétique de raison , alors pour tout entier naturel :
Plus généralement, pour tous entiers et : .
- Si , la suite est croissante ; si , elle est décroissante.
- Les points de coordonnées sont alignés : c’est une croissance linéaire.
Les suites géométriques
Une suite est géométrique s’il existe un réel tel que, pour tout entier naturel :
Le nombre est la raison de la suite. On passe d’un terme au suivant en multipliant toujours par .
Si est géométrique de raison , alors pour tout entier naturel :
Pour : si , la suite est croissante ; si , elle est décroissante. Si est négatif, les termes changent de signe à chaque étape.
Linéaire contre exponentielle
Construis les 12 premiers termes de chaque type de suite. Change , la raison, puis passe d’un type à l’autre avec le bouton du haut. Appuie sur ▶ pour voir les barres se construire une à une.
Avec une suite arithmétique, le haut des barres forme une ligne droite. Avec une suite géométrique de raison , la courbe démarre doucement… puis s’envole : c’est une croissance exponentielle. Tôt ou tard, elle dépasse n’importe quelle suite arithmétique.
Des exemples résolus
On note et les salaires du mois (le premier mois correspond à ).
- Contrat A : on ajoute 30 € chaque mois, donc est arithmétique de raison et .
- Contrat B : augmenter de 2 %, c’est multiplier par . Donc est géométrique de raison et .
- Au bout d’un an () : € et €. Le contrat A gagne.
- Au bout de cinq ans () : € et €. Le contrat B a largement rattrapé son retard !
Les nombres 5 ; 8 ; 11 ; 14 forment le début d’une suite arithmétique : on ajoute 3 à chaque fois.
Les nombres 3 ; 6 ; 12 ; 24 forment le début d’une suite géométrique : on multiplie par 2 à chaque fois, car .
Les nombres 1 ; 4 ; 9 ; 16 ne sont ni l’un ni l’autre : les écarts (3, 5, 7) ne sont pas constants, et les quotients non plus.
Additionner des termes
Pour tout entier naturel :
Pour tout réel et tout entier naturel :
Une anecdote célèbre (peut-être un peu enjolivée au fil du temps) raconte que le jeune Carl Friedrich Gauss, vers l’âge de 9 ans, a stupéfié son instituteur. Pour occuper la classe, celui-ci avait demandé de calculer . Gauss a presque aussitôt posé son ardoise avec la réponse 5 050. Son astuce : regrouper , , … ce qui donne 50 paires valant chacune 101. Côté géométrique, une légende indienne raconte qu’un roi accepta de payer l’inventeur des échecs avec 1 grain de riz sur la première case, 2 sur la deuxième, 4 sur la troisième, et ainsi de suite : il lui en aurait fallu , soit plus de 18 milliards de milliards de grains !
Par exemple, , et .
Pourquoi c’est vrai ?— facultatif, à sauter en première lecture
Démontrons la somme géométrique. Notons , et multiplions par :
En soustrayant, presque tout se simplifie : , c’est-à-dire . Comme , on peut diviser par : .
Pour la somme , on écrit la somme deux fois, une fois à l’endroit et une fois à l’envers : chaque colonne vaut , il y a colonnes, donc .
Une hausse de % revient à multiplier par , une baisse de % à multiplier par . Dès qu’un énoncé parle d’évolution en pourcentage constant, pense « suite géométrique ».
- Regarde bien le premier indice. Si la suite commence à , la formule devient ou .
- n’est pas : la puissance porte seulement sur .
- Le terme de rang n’est pas le -ième terme : quand on commence à , le 10ᵉ terme est .
À quoi ça sert dans la vraie vie ?
- À la banque : 1 000 € placés sur un livret à 3 % par an deviennent euros après années (intérêts composés) : environ 1 344 € après 10 ans. C’est une suite géométrique de raison 1,03.
- Pour un loyer ou un abonnement : un loyer de 600 € par mois qui augmente de 15 € chaque année suit une suite arithmétique : , soit 750 € au bout de 10 ans.
- En médecine : le corps élimine environ 30 % d’un médicament chaque heure. La quantité restante est multipliée par 0,7 : partie de 500 mg, elle tombe à mg au bout de 4 heures.
- En informatique : la puissance des processeurs a longtemps doublé tous les deux ans environ (loi de Moore) : en 20 ans, c’est 10 doublements, soit fois plus de transistors.
- En écologie : une population de 1 000 poissons qui diminue de 8 % par an à cause de la surpêche n’en compte plus que au bout de 10 ans.