1re 🧮 Algèbre Étape 9 / 11 du parcours

Suites arithmétiques et géométriques

Suites arithmétiques et géométriques en 1re : raison, terme général, sens de variation et sommes, avec une animation qui compare croissance linéaire et exponentielle.

Arithmétique : on ajoute toujours pareil. Géométrique : on multiplie toujours pareil.

Deux contrats à 1 000 € par mois. A : +30 € chaque mois. B : +2 % chaque mois.

Après un an, A gagne : 1 360 € contre 1 268 €. Mais après cinq ans, B l’écrase : 3 281 € contre 2 800 €.

1 an5 ansB : × 1,02 par moisA : + 30 € par mois

Qu’est-ce qu’une suite ?

Définition

Une suite (un)(u_n) est une liste de nombres numérotés par les entiers naturels : u0u_0, u1u_1, u2u_2, … Le nombre unu_n s’appelle le terme de rang nn (ou d’indice nn).

Une suite peut être donnée de deux façons :

  • par une formule explicite : un=3n+1u_n = 3n + 1 permet de calculer directement u10=31u_{10} = 31 ;
  • par une relation de récurrence : u0=1u_0 = 1 et un+1=un+3u_{n+1} = u_n + 3. Chaque terme se calcule à partir du précédent.

Les suites arithmétiques

Définition

Une suite (un)(u_n) est arithmétique s’il existe un réel rr tel que, pour tout entier naturel nn :

un+1=un+ru_{n+1} = u_n + r

Le nombre rr est la raison de la suite. On passe d’un terme au suivant en ajoutant toujours rr.

Terme général d’une suite arithmétique

Si (un)(u_n) est arithmétique de raison rr, alors pour tout entier naturel nn :

un=u0+n×ru_n = u_0 + n \times r

Plus généralement, pour tous entiers nn et pp : un=up+(n−p)×ru_n = u_p + (n - p) \times r.

  • Si r>0r \gt 0, la suite est croissante ; si r<0r \lt 0, elle est décroissante.
  • Les points de coordonnées (n;un)(n ; u_n) sont alignés : c’est une croissance linéaire.

Les suites géométriques

Définition

Une suite (un)(u_n) est géométrique s’il existe un réel qq tel que, pour tout entier naturel nn :

un+1=q×unu_{n+1} = q \times u_n

Le nombre qq est la raison de la suite. On passe d’un terme au suivant en multipliant toujours par qq.

Terme général d’une suite géométrique

Si (un)(u_n) est géométrique de raison qq, alors pour tout entier naturel nn :

un=u0×qnu_n = u_0 \times q^n

Pour u0>0u_0 \gt 0 : si q>1q \gt 1, la suite est croissante ; si 0<q<10 \lt q \lt 1, elle est décroissante. Si qq est négatif, les termes changent de signe à chaque étape.

Linéaire contre exponentielle

Construis les 12 premiers termes de chaque type de suite. Change u0u_0, la raison, puis passe d’un type à l’autre avec le bouton du haut. Appuie sur ▶ pour voir les barres se construire une à une.

Construis la suite terme à terme

Avec une suite arithmétique, le haut des barres forme une ligne droite. Avec une suite géométrique de raison q>1q \gt 1, la courbe démarre doucement… puis s’envole : c’est une croissance exponentielle. Tôt ou tard, elle dépasse n’importe quelle suite arithmétique.

Des exemples résolus

Exemple : retour sur les deux contrats

On note ana_n et bnb_n les salaires du mois nn (le premier mois correspond à n=0n = 0).

  1. Contrat A : on ajoute 30 € chaque mois, donc (an)(a_n) est arithmétique de raison 3030 et an=1000+30na_n = 1000 + 30n.
  2. Contrat B : augmenter de 2 %, c’est multiplier par 1+2100=1,021 + \dfrac{2}{100} = 1{,}02. Donc (bn)(b_n) est géométrique de raison 1,021{,}02 et bn=1000×1,02nb_n = 1000 \times 1{,}02^n.
  3. Au bout d’un an (n=12n = 12) : a12=1360a_{12} = 1360 € et b12=1000×1,0212≈1268b_{12} = 1000 \times 1{,}02^{12} \approx 1268 €. Le contrat A gagne.
  4. Au bout de cinq ans (n=60n = 60) : a60=2800a_{60} = 2800 € et b60≈3281b_{60} \approx 3281 €. Le contrat B a largement rattrapé son retard !
Exemple : reconnaître une suite

Les nombres 5 ; 8 ; 11 ; 14 forment le début d’une suite arithmétique : on ajoute 3 à chaque fois.

Les nombres 3 ; 6 ; 12 ; 24 forment le début d’une suite géométrique : on multiplie par 2 à chaque fois, car 63=126=2412=2\dfrac{6}{3} = \dfrac{12}{6} = \dfrac{24}{12} = 2.

Les nombres 1 ; 4 ; 9 ; 16 ne sont ni l’un ni l’autre : les écarts (3, 5, 7) ne sont pas constants, et les quotients non plus.

Additionner des termes

Deux sommes à connaître

Pour tout entier naturel n⩾1n \geqslant 1 :

1+2+3+⋯+n=n(n+1)21 + 2 + 3 + \dots + n = \frac{n(n + 1)}{2}

Pour tout réel q≠1q \neq 1 et tout entier naturel nn :

1+q+q2+⋯+qn=1−qn+11−q1 + q + q^2 + \dots + q^n = \frac{1 - q^{n+1}}{1 - q}
Un peu d’histoire

Une anecdote célèbre (peut-être un peu enjolivée au fil du temps) raconte que le jeune Carl Friedrich Gauss, vers l’âge de 9 ans, a stupéfié son instituteur. Pour occuper la classe, celui-ci avait demandé de calculer 1+2+⋯+1001 + 2 + \dots + 100. Gauss a presque aussitôt posé son ardoise avec la réponse 5 050. Son astuce : regrouper 1+1001 + 100, 2+992 + 99, 3+983 + 98… ce qui donne 50 paires valant chacune 101. Côté géométrique, une légende indienne raconte qu’un roi accepta de payer l’inventeur des échecs avec 1 grain de riz sur la première case, 2 sur la deuxième, 4 sur la troisième, et ainsi de suite : il lui en aurait fallu 264−12^{64} - 1, soit plus de 18 milliards de milliards de grains !

Par exemple, 1+2+⋯+100=100×1012=50501 + 2 + \dots + 100 = \dfrac{100 \times 101}{2} = 5050, et 1+2+4+⋯+29=1−2101−2=10231 + 2 + 4 + \dots + 2^{9} = \dfrac{1 - 2^{10}}{1 - 2} = 1023.

Pourquoi c’est vrai ?— facultatif, à sauter en première lecture

Démontrons la somme géométrique. Notons S=1+q+q2+⋯+qnS = 1 + q + q^2 + \dots + q^n, et multiplions par qq :

qS=q+q2+⋯+qn+qn+1qS = q + q^2 + \dots + q^n + q^{n+1}

En soustrayant, presque tout se simplifie : S−qS=1−qn+1S - qS = 1 - q^{n+1}, c’est-à-dire (1−q) S=1−qn+1(1 - q)\,S = 1 - q^{n+1}. Comme q≠1q \neq 1, on peut diviser par 1−q1 - q : S=1−qn+11−qS = \dfrac{1 - q^{n+1}}{1 - q}.

Pour la somme 1+2+⋯+n1 + 2 + \dots + n, on écrit la somme deux fois, une fois à l’endroit et une fois à l’envers : chaque colonne vaut n+1n + 1, il y a nn colonnes, donc 2S=n(n+1)2S = n(n+1).

Les pourcentages

Une hausse de tt % revient à multiplier par 1+t1001 + \dfrac{t}{100}, une baisse de tt % à multiplier par 1−t1001 - \dfrac{t}{100}. Dès qu’un énoncé parle d’évolution en pourcentage constant, pense « suite géométrique ».

Les pièges classiques
  • Regarde bien le premier indice. Si la suite commence à u1u_1, la formule devient un=u1+(n−1)ru_n = u_1 + (n - 1)r ou un=u1×qn−1u_n = u_1 \times q^{n-1}.
  • u0×qnu_0 \times q^n n’est pas (u0×q)n(u_0 \times q)^n : la puissance porte seulement sur qq.
  • Le terme de rang nn n’est pas le nn-ième terme : quand on commence à u0u_0, le 10ᵉ terme est u9u_9.

À quoi ça sert dans la vraie vie ?

  • À la banque : 1 000 € placés sur un livret à 3 % par an deviennent 1 000×1,03n1\,000 \times 1{,}03^n euros après nn années (intérêts composés) : environ 1 344 € après 10 ans. C’est une suite géométrique de raison 1,03.
  • Pour un loyer ou un abonnement : un loyer de 600 € par mois qui augmente de 15 € chaque année suit une suite arithmétique : 600+15n600 + 15n, soit 750 € au bout de 10 ans.
  • En médecine : le corps élimine environ 30 % d’un médicament chaque heure. La quantité restante est multipliée par 0,7 : partie de 500 mg, elle tombe à 500×0,74≈120500 \times 0{,}7^4 \approx 120 mg au bout de 4 heures.
  • En informatique : la puissance des processeurs a longtemps doublé tous les deux ans environ (loi de Moore) : en 20 ans, c’est 10 doublements, soit 210≈1 0002^{10} \approx 1\,000 fois plus de transistors.
  • En écologie : une population de 1 000 poissons qui diminue de 8 % par an à cause de la surpêche n’en compte plus que 1 000×0,9210≈4341\,000 \times 0{,}92^{10} \approx 434 au bout de 10 ans.

🎯 Quiz : vérifie ce que tu as compris

  1. Ta tirelire contient 5 €, et tu y ajoutes 3 € chaque semaine. On note un la somme après n semaines (u0 = 5). Combien contient-elle après 10 semaines (en €) ?

  2. Une rumeur est connue de 2 personnes au départ, et le nombre de personnes au courant triple chaque heure. On note vn ce nombre après n heures (v0 = 2). Combien vaut v4 ?

  3. Quelle est la raison de la suite arithmétique 3 ; 7 ; 11 ; 15 ; … ?

  4. Une population augmente de 2 % par an. Par quel nombre multiplie-t-on chaque année ?

  5. La relation un+1 = 1,05 × un définit une suite :

  6. Combien vaut la somme 1 + 2 + 3 + … + 100 ?

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