1re 📈 Fonctions Étape 8 / 23 du parcours

Les fonctions du second degré

Fonctions du second degré en 1re : parabole, sommet, forme canonique, discriminant Δ et racines, avec une parabole à piloter en direct.

📚 Avant de commencer, il faut savoir : Fonctions linéaires et fonctions affines

Une fonction du second degré, ax² + bx + c, se dessine en parabole.

Lance un ballon : il monte, atteint un point le plus haut, puis redescend. Sa trajectoire est une parabole, comme le jet d’une fontaine.

Avec f(x)=−x2+4x{f(x) = -x^2 + 4x}, la courbe culmine au sommet S(2 ; 4){S(2\,;\,4)}. Après les droites, voici les courbes qui « tournent » !

S (2 ; 4)4024

Définition

Définition

Une fonction polynôme du second degré est une fonction ff définie sur R\mathbb{R} par

f(x)=ax2+bx+cf(x) = ax^2 + bx + c

où aa, bb et cc sont des réels, avec a≠0a \neq 0. L’expression ax2+bx+cax^2 + bx + c s’appelle aussi un trinôme. Sa courbe représentative est une parabole.

Par exemple, f(x)=2x2−3x+1f(x) = 2x^2 - 3x + 1 (avec a=2a = 2, b=−3b = -3, c=1c = 1) ou g(x)=−x2+4g(x) = -x^2 + 4 (avec a=−1a = -1, b=0b = 0, c=4c = 4). En revanche, h(x)=5x+2h(x) = 5x + 2 n’est pas du second degré : il n’y a pas de terme en x2x^2.

Un peu d’histoire

Les équations du second degré sont parmi les plus vieux problèmes de mathématiques. Sur des tablettes d’argile babyloniennes vieilles d’environ 3 800 ans, des scribes résolvaient déjà des problèmes comme « l’aire d’un carré plus son côté valent 34\frac{3}{4} : trouve le côté », avec une méthode qui revient à notre forme canonique. Vers 820, à Bagdad, al-Khwârizmî justifie cette méthode en complétant un carré dessiné. Le mot « parabole » a été donné à la courbe par le Grec Apollonios de Perge, vers 200 av. J.-C., et en 1638 Galilée montre que c’est la trajectoire d’un objet lancé.

La parabole et son sommet

Chaque coefficient joue un rôle. Bouge les curseurs et observe :

  • le signe de aa décide si la parabole est tournée vers le haut (a>0a \gt 0, comme un sourire) ou vers le bas (a<0a \lt 0) ;
  • cc est l’ordonnée du point où la courbe coupe l’axe des ordonnées, car f(0)=cf(0) = c ;
  • le sommet SS (en orange) se déplace, et l’axe de symétrie (en violet) passe toujours par lui.

Garde aussi un œil sur Δ\Delta : quand il devient négatif, la parabole décolle de l’axe des abscisses et les points verts disparaissent.

Pilote la parabole

Sommet et axe de symétrie

La parabole d’équation y=ax2+bx+cy = ax^2 + bx + c a pour sommet le point S(α;β)S(\alpha ; \beta) avec

α=−b2aetβ=f(α).\alpha = -\frac{b}{2a} \quad \text{et} \quad \beta = f(\alpha).

La droite d’équation x=αx = \alpha est son axe de symétrie. Si a>0a \gt 0, β\beta est le minimum de ff ; si a<0a \lt 0, c’est son maximum.

La forme canonique

Tout trinôme peut s’écrire sous une forme qui fait apparaître directement le sommet.

Forme canonique

Pour tout réel xx :

f(x)=a(x−α)2+βf(x) = a(x - \alpha)^2 + \beta

C’est la forme canonique de ff. On y lit le sommet S(α;β)S(\alpha ; \beta).

Exemple : f(x) = x² − 2x − 3
  1. a=1a = 1, b=−2b = -2, c=−3c = -3, donc α=−−22×1=1\alpha = -\dfrac{-2}{2 \times 1} = 1.
  2. β=f(1)=1−2−3=−4\beta = f(1) = 1 - 2 - 3 = -4.
  3. Forme canonique : f(x)=(x−1)2−4f(x) = (x - 1)^2 - 4. Vérification : (x−1)2−4=x2−2x+1−4=x2−2x−3(x - 1)^2 - 4 = x^2 - 2x + 1 - 4 = x^2 - 2x - 3. ✔
  4. Comme a=1>0a = 1 \gt 0, la fonction admet un minimum égal à −4-4, atteint pour x=1x = 1.

Le discriminant et les racines

Une racine du trinôme est un réel xx tel que ax2+bx+c=0ax^2 + bx + c = 0. Graphiquement, ce sont les abscisses des points où la parabole coupe l’axe des abscisses. Pour savoir combien il y en a, on calcule un seul nombre.

Définition

Le discriminant du trinôme ax2+bx+cax^2 + bx + c est le nombre

Δ=b2−4ac\Delta = b^2 - 4ac
Racines selon le signe de Δ
  • Si Δ>0\Delta \gt 0 : deux racines distinctes x1=−b−Δ2ax_1 = \dfrac{-b - \sqrt{\Delta}}{2a} et x2=−b+Δ2ax_2 = \dfrac{-b + \sqrt{\Delta}}{2a}. Alors f(x)=a(x−x1)(x−x2)f(x) = a(x - x_1)(x - x_2).
  • Si Δ=0\Delta = 0 : une seule racine (dite double) x0=−b2ax_0 = -\dfrac{b}{2a}. Alors f(x)=a(x−x0)2f(x) = a(x - x_0)^2.
  • Si Δ<0\Delta \lt 0 : aucune racine réelle, et le trinôme ne se factorise pas.
Pourquoi c’est vrai ?— facultatif, à sauter en première lecture

Tout vient de la forme canonique. On « complète le carré » en utilisant (x+b2a)2=x2+bax+b24a2\left(x + \frac{b}{2a}\right)^2 = x^2 + \frac{b}{a}x + \frac{b^2}{4a^2} :

ax2+bx+c=a[x2+bax+ca]=a[(x+b2a)2−b2−4ac4a2]=a[(x+b2a)2−Δ4a2]ax^2 + bx + c = a\left[x^2 + \frac{b}{a}x + \frac{c}{a}\right] = a\left[\left(x + \frac{b}{2a}\right)^2 - \frac{b^2 - 4ac}{4a^2}\right] = a\left[\left(x + \frac{b}{2a}\right)^2 - \frac{\Delta}{4a^2}\right]
  • Si Δ<0\Delta \lt 0, le crochet est la somme d’un carré et d’un nombre strictement positif : il ne s’annule jamais.
  • Si Δ=0\Delta = 0, il reste a(x+b2a)2a\left(x + \frac{b}{2a}\right)^2, nul seulement pour x=−b2ax = -\frac{b}{2a}.
  • Si Δ>0\Delta \gt 0, on écrit Δ4a2=(Δ2a)2\frac{\Delta}{4a^2} = \left(\frac{\sqrt{\Delta}}{2a}\right)^2 et on factorise une différence de deux carrés : (x+b2a−Δ2a)(x+b2a+Δ2a)\left(x + \frac{b}{2a} - \frac{\sqrt{\Delta}}{2a}\right)\left(x + \frac{b}{2a} + \frac{\sqrt{\Delta}}{2a}\right). Le produit nul donne les racines −b+Δ2a\frac{-b + \sqrt{\Delta}}{2a} et −b−Δ2a\frac{-b - \sqrt{\Delta}}{2a}.
Trois cas, trois exemples

Résoudre x2−2x−3=0x^2 - 2x - 3 = 0. Δ=(−2)2−4×1×(−3)=4+12=16>0\Delta = (-2)^2 - 4 \times 1 \times (-3) = 4 + 12 = 16 \gt 0, et 16=4\sqrt{16} = 4. Donc x1=2−42=−1x_1 = \dfrac{2 - 4}{2} = -1 et x2=2+42=3x_2 = \dfrac{2 + 4}{2} = 3. On retrouve les deux points verts du graphique.

Résoudre x2−6x+9=0x^2 - 6x + 9 = 0. Δ=36−36=0\Delta = 36 - 36 = 0 : une seule racine x0=62=3x_0 = \dfrac{6}{2} = 3. En effet, x2−6x+9=(x−3)2x^2 - 6x + 9 = (x - 3)^2.

Résoudre 2x2+4x+5=02x^2 + 4x + 5 = 0. Δ=16−40=−24<0\Delta = 16 - 40 = -24 \lt 0 : pas de solution réelle. La parabole reste au-dessus de l’axe des abscisses.

La balle lancée du toit

Depuis le toit d’un immeuble de 15 m, on lance une balle vers le haut. Sa hauteur (en m) après tt secondes est h(t)=−5t2+10t+15h(t) = -5t^2 + 10t + 15. Quelle hauteur maximale atteint-elle, et quand touche-t-elle le sol ?

  1. Le sommet : α=−102×(−5)=1\alpha = -\dfrac{10}{2 \times (-5)} = 1 et h(1)=−5+10+15=20h(1) = -5 + 10 + 15 = 20. Comme a=−5<0a = -5 \lt 0, c’est un maximum : la balle monte jusqu’à 20 m, au bout de 1 seconde.
  2. Le sol : on résout −5t2+10t+15=0-5t^2 + 10t + 15 = 0. Δ=102−4×(−5)×15=100+300=400\Delta = 10^2 - 4 \times (-5) \times 15 = 100 + 300 = 400, et 400=20\sqrt{400} = 20.
  3. t1=−10−20−10=3t_1 = \dfrac{-10 - 20}{-10} = 3 et t2=−10+20−10=−1t_2 = \dfrac{-10 + 20}{-10} = -1. Un temps négatif n’a pas de sens ici : la balle touche le sol au bout de 3 secondes.

Le signe du trinôme

Une fois les racines connues, le signe se lit sur la parabole : le trinôme est du signe de aa à l’extérieur des racines, et du signe contraire entre elles. Pour x2−2x−3x^2 - 2x - 3 (a=1>0a = 1 \gt 0), l’expression est positive sur ]−∞;−1]]-\infty ; -1] et sur [3;+∞[[3 ; +\infty[, négative sur [−1;3][-1 ; 3]. Si Δ<0\Delta \lt 0, le trinôme a toujours le signe de aa.

Avant de calculer Δ

Si c=0c = 0, factorise par xx : x2−5x=x(x−5)x^2 - 5x = x(x - 5), racines 00 et 55. Si b=0b = 0, isole x2x^2 : x2−9=0x^2 - 9 = 0 donne x=−3x = -3 ou x=3x = 3. Tu gagnes du temps et tu évites des erreurs.

Les pièges classiques
  • Dans Δ=b2−4ac\Delta = b^2 - 4ac, b2b^2 est toujours positif : avec b=−3b = -3, b2=9b^2 = 9, pas −9-9. Mets des parenthèses : (−3)2(-3)^2.
  • Le dénominateur des racines est 2a2a, et tout le numérateur −b±Δ-b \pm \sqrt{\Delta} est divisé par 2a2a.
  • Ne confonds pas α\alpha et les racines : le sommet est au milieu des deux racines, α=x1+x22\alpha = \dfrac{x_1 + x_2}{2}.

À quoi ça sert dans la vraie vie ?

  • Au sport : sans frottements, un ballon tiré au football suit une parabole. Un ballon lancé vers le haut à 15 m/s monte jusqu’à environ 1522×9,8≈11,5\dfrac{15^2}{2 \times 9{,}8} \approx 11{,}5 m, au sommet de la parabole.
  • En sécurité routière : la distance de freinage est proportionnelle au carré de la vitesse. Elle vaut environ 0,0056 v20{,}0056\,v^2 m sur route sèche : 14 m à 50 km/h, mais 56 m à 100 km/h, quatre fois plus !
  • En économie : une entreprise dont le bénéfice vaut B(x)=−2x2+120x−1 000B(x) = -2x^2 + 120x - 1\,000 (en euros, pour xx objets) maximise son bénéfice au sommet, pour x=30x = 30 objets : B(30)=800B(30) = 800 €.
  • En technologie : une antenne parabolique ou un phare de voiture a la forme d’une parabole : tous les rayons qui arrivent parallèles se concentrent en un seul point, le foyer, où l’on place le récepteur ou l’ampoule.
  • En architecture : les câbles des ponts suspendus prennent une forme très proche d’une parabole, ce qui répartit la charge du tablier sur toute la longueur.

🎯 Quiz : vérifie ce que tu as compris

  1. Combien vaut le discriminant Δ de x² + 3x + 2 ?

  2. Une entreprise fabrique x centaines de vélos. Son bénéfice (en milliers d’euros) est B(x) = −2x² + 8x − 1. Pour combien de centaines de vélos le bénéfice est-il maximal ?

  3. Combien de racines réelles le trinôme x² + x + 1 possède-t-il ?

  4. Si a < 0, la parabole est tournée…

  5. f(x) = 3(x + 1)² − 5. Quelle est l’ordonnée du sommet de la parabole ?

  6. Un enclos rectangulaire a un périmètre de 10 m et une aire de 6 m². Si x est un côté, l’autre vaut 5 − x et x(5 − x) = 6, soit x² − 5x + 6 = 0. Combien mesure le plus grand côté (en m) ?

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