Le binaire et les bases de numération
Le binaire expliqué simplement : compter avec des 0 et des 1 comme un ordinateur, avec des lampes à allumer, et découvrir les bases 10, 2, 16 et 60.
📚 Avant de commencer, il faut savoir : Les puissances , La division euclidienne
En binaire, on écrit tous les nombres avec seulement deux chiffres : 0 et 1.
Ton téléphone ne connaît que deux chiffres : 0 et 1. Courant ou pas de courant, lampe éteinte ou allumée.
Pourtant, il sait tout écrire : 13 s’écrit 1101, car . C’est le binaire.
Notre base 10 : dix chiffres, des paquets de dix
Quand tu écris 365, tu utilises sans y penser la base 10 : 3 centaines, 6 dizaines, 5 unités.
Chaque rang vaut 10 fois le rang à sa droite. Pourquoi 10 ? Très probablement parce que nous avons… dix doigts !
Le binaire : tout avec 0 et 1
En base 2, on n’utilise que les chiffres 0 et 1, et chaque rang vaut 2 fois le rang à sa droite : 1, 2, 4, 8, 16, 32, 64, 128…
Par exemple : .
Le petit 2 en indice rappelle qu’on lit en base 2.
Un chiffre binaire s’appelle un bit, et un paquet de 8 bits forme un octet. C’est exactement ce que montrent les 8 lampes ci-dessous.
Clique sur les lampes pour les allumer (1) ou les éteindre (0), puis appuie sur « Compter tout seul » : observe comme la lampe de droite clignote à chaque fois, celle d’à côté deux fois moins vite, et ainsi de suite.
- Pour lire un nombre binaire, on additionne les valeurs des rangs où il y a un 1.
- Avec 8 bits (un octet), on peut écrire nombres différents : de 0 à 255.
- Ajouter un bit double le nombre de possibilités.
En 1703, le philosophe et mathématicien allemand Gottfried Wilhelm Leibniz publie, en français, une Explication de l’arithmétique binaire. Il est ravi : tout s’écrit avec seulement 0 et 1 ! Un missionnaire en Chine, Joachim Bouvet, lui fait remarquer que les 64 figures du Yi Jing, un très ancien livre chinois, ressemblent à ses nombres binaires à 6 chiffres.
Pendant plus de deux siècles, le binaire reste une curiosité… jusqu’à l’arrivée des circuits électriques, où « 1 = courant, 0 = pas de courant » est idéal. En 1948, l’ingénieur américain Claude Shannon fonde la théorie de l’information et popularise le mot bit (de binary digit, « chiffre binaire »), proposé par son collègue John Tukey.
Et d’autres bases ont existé bien avant : les Babyloniens comptaient en base 60 il y a plus de 4 000 ans, les Mayas en base 20… et notre « quatre-vingts » en garde une trace !
Passer du décimal au binaire
On cherche les puissances de 2 qui « rentrent » dans 45, de la plus grande à la plus petite :
- 64 est trop grand. 32 rentre : il reste .
- 16 est trop grand. 8 rentre : il reste .
- 4 rentre : il reste 1. Puis 2 ne rentre pas, et 1 rentre : il reste 0.
Donc et, rang par rang (32, 16, 8, 4, 2, 1) : .
La méthode des divisions par 2— facultatif, à sauter en première lecture
On peut aussi diviser par 2 encore et encore, en notant les restes :
, , , , , .
On lit les restes du bas vers le haut : . Pourquoi ça marche ? Le premier reste dit si le nombre est pair ou impair : c’est le chiffre des unités. Diviser par 2 décale tout d’un rang vers la droite, et on recommence. La même méthode marche dans n’importe quelle base : en base 16, on divise par 16.
Les autres bases autour de toi
- La base 16 (hexadécimal) : utilisée par les informaticiens, avec 16 chiffres : 0 à 9 puis A (10), B (11)… F (15). Un octet tient en 2 chiffres hexadécimaux : .
- La base 60 (sexagésimale) : héritée de Babylone, elle sert encore pour l’heure et les angles : 60 secondes dans une minute, 60 minutes dans une heure.
Le chronomètre d’une course affiche 3 725 secondes. Combien d’heures, de minutes et de secondes ?
- : 62 minutes et 5 secondes.
- : 1 heure et 2 minutes.
Résultat : 1 h 02 min 05 s. Tu viens de convertir en base 60 !
« 10 » ne veut pas toujours dire dix ! En binaire, ; en base 16, . D’où la blague d’informaticien : « Il y a 10 sortes de personnes : celles qui comprennent le binaire, et les autres. »
À quoi ça sert dans la vraie vie ?
- Les couleurs de ton écran : chaque pixel mélange du rouge, du vert et du bleu, chacun codé sur un octet (de 0 à 255). Cela fait couleurs possibles. Le code couleur
#FF8000signifie rouge 255, vert 128, bleu 0 : un bel orange. - Dans les jeux vidéo : dans le jeu Pac-Man (1980), le numéro du niveau était stocké sur un seul octet. Arrivé au niveau 256, le compteur « déborde » et la moitié de l’écran devient un fouillis de symboles : c’est le célèbre écran du niveau 256.
- Sur Internet : une adresse IP classique (IPv4) comme 192.168.1.1 est faite de 4 octets, soit 32 bits : milliards d’adresses… ce qui n’a pas suffi pour tous les appareils du monde !
- Avec tes doigts : doigt levé = 1, doigt baissé = 0. Avec une seule main, tu peux compter de 0 à , et avec les deux mains jusqu’à 1 023.
- Pour lire l’heure : un film de 135 minutes dure , soit 2 h 15 min. C’est de la base 60 au quotidien.