Tle 🎲 Probabilités et statistiques Étape 13 / 15 du parcours

Dénombrement et combinaisons

Dénombrement en Terminale : principe multiplicatif, k-uplets, arrangements, permutations, combinaisons et triangle de Pascal, avec des listes animées.

📚 Avant de commencer, il faut savoir : Premières notions de probabilités , La loi binomiale

Dénombrer, c’est compter sans lister : on multiplie les possibilités de chaque étape.

Le cadenas de ton casier a 4 molettes de 10 chiffres : 10×10×10×10=10 00010 \times 10 \times 10 \times 10 = 10\,000 codes possibles.

Podiums d’une finale à 8 coureurs : 8×7×6=3368 \times 7 \times 6 = 336. Pizzas à 3 garnitures parmi 12 : 220. Le tout sans rien lister, ni rien compter deux fois !

471910 × 10 × 10 × 10= 10 000 codes

Le principe multiplicatif

Principe multiplicatif

Si un choix se fait en plusieurs étapes successives, avec n1n_1 possibilités à la 1re étape, n2n_2 à la 2e, …, npn_p à la dernière (quels que soient les choix précédents), alors le nombre total de possibilités est :

n1×n2×⋯×npn_1 \times n_2 \times \dots \times n_p

Un menu avec 3 entrées, 4 plats et 2 desserts offre 3×4×2=243 \times 4 \times 2 = 24 repas différents. Tout le reste de la leçon découle de cette idée.

Trois façons de choisir k éléments parmi n

Tout dépend de deux questions : l’ordre compte-t-il ? et peut-on reprendre le même élément ?

Les k-uplets : ordre important, répétitions permises

Un k-uplet d’un ensemble à nn éléments est une liste ordonnée (x1,x2,…,xk)(x_1, x_2, \dots, x_k) de kk éléments, pas forcément distincts. Il y en a :

nkn^k
Les arrangements : ordre important, sans répétition

Un arrangement de kk éléments est un k-uplet d’éléments distincts. Il y en a :

n×(n−1)×⋯×(n−k+1)=n!(n−k)!n \times (n-1) \times \dots \times (n - k + 1) = \frac{n!}{(n-k)!}

où n!=n×(n−1)×⋯×2×1n! = n \times (n-1) \times \dots \times 2 \times 1 se lit « factorielle nn » (avec la convention 0!=10! = 1). Quand k=nk = n, on range tous les éléments : ce sont les permutations, il y en a n!n!.

Les combinaisons : ordre sans importance, sans répétition

Une combinaison de kk éléments parmi nn est une partie à kk éléments, sans ordre. Leur nombre se note (nk)\dbinom{n}{k} et se lit « kk parmi nn » :

(nk)=n!k! (n−k)!\binom{n}{k} = \frac{n!}{k!\,(n-k)!}

Pourquoi diviser par k!k! ? Parce qu’une même équipe de kk personnes peut être rangée en k!k! podiums différents : chaque combinaison est comptée k!k! fois parmi les arrangements.

Change de mode, puis fais varier nn et kk : toutes les listes possibles s’affichent. Compare par exemple les arrangements et les combinaisons pour n=4n = 4 et k=2k = 2 : 12 podiums, mais seulement 6 équipes, car (A,B)(A, B) et (B,A)(B, A) forment la même équipe {A,B}\{A, B\}.

Compter sans rien oublier

Propriétés des combinaisons et triangle de Pascal

À retenir
  • (n0)=(nn)=1\dbinom{n}{0} = \dbinom{n}{n} = 1 et (n1)=n\dbinom{n}{1} = n.
  • Symétrie : (nk)=(nn−k)\dbinom{n}{k} = \dbinom{n}{n-k} (choisir les kk qui jouent revient à choisir les n−kn - k qui restent sur le banc).
  • Relation de Pascal : (nk)=(n−1k−1)+(n−1k)\dbinom{n}{k} = \dbinom{n-1}{k-1} + \dbinom{n-1}{k}.
  • Un ensemble à nn éléments a 2n2^n parties : (n0)+(n1)+⋯+(nn)=2n\dbinom{n}{0} + \dbinom{n}{1} + \dots + \dbinom{n}{n} = 2^n.

La relation de Pascal se comprend avec un élément particulier, disons A : soit l’équipe contient A (il reste k−1k - 1 joueurs à choisir parmi n−1n - 1), soit elle ne le contient pas (kk joueurs parmi n−1n - 1). C’est elle qui construit le triangle de Pascal : chaque nombre est la somme des deux nombres situés au-dessus de lui. Dans le widget, les deux cases orange s’additionnent pour donner la case violette.

Pourquoi c’est vrai ?— facultatif, à sauter en première lecture

Pourquoi un ensemble à nn éléments a-t-il 2n2^n parties ? Pour fabriquer une partie, on passe en revue les nn éléments un par un et on décide pour chacun : « dedans » ou « dehors ». Cela fait 2 choix, nn fois : d’après le principe multiplicatif, il y a 2×2×⋯×2=2n2 \times 2 \times \dots \times 2 = 2^n parties.

Rangeons maintenant ces parties selon leur nombre d’éléments kk (de 0 à nn) : il y en a (nk)\binom{n}{k} dans chaque catégorie. On a compté deux fois la même chose, donc

(n0)+(n1)+⋯+(nn)=2n\binom{n}{0} + \binom{n}{1} + \dots + \binom{n}{n} = 2^n
Un peu d’histoire

Le triangle de Pascal… n’a pas été inventé par Pascal ! En Chine, Yang Hui le présente en 1261 (il l’attribue lui-même à Jia Xian, au XIe siècle), et Zhu Shijie le dessine en 1303 dans son Miroir de jade des quatre inconnues. En Perse, al-Karaji et Omar Khayyam le connaissaient aussi, et en Italie on parle encore du « triangle de Tartaglia ». Blaise Pascal en fait une étude complète dans son Traité du triangle arithmétique, écrit en 1654 et publié en 1665 : il y démontre ses propriétés par récurrence, l’une des premières utilisations explicites de ce type de raisonnement.

Exemples résolus

Exemple 1 : le cadenas et le code PIN

Un cadenas a 4 molettes de 10 chiffres chacune. Un code est une liste ordonnée de 4 chiffres, avec répétitions possibles (1 1 2 7 est autorisé) : c’est un 4-uplet de {0,…,9}\{0, …, 9\}. Il y a 104=10 00010^4 = 10\,000 codes.

Si les 4 chiffres doivent être distincts, c’est un arrangement : 10×9×8×7=5 04010 \times 9 \times 8 \times 7 = 5\,040 codes.

Exemple 2 : la finale du 100 m

8 coureurs en finale. Le podium (or, argent, bronze) est une liste ordonnée de 3 coureurs distincts : 8×7×6=3368 \times 7 \times 6 = 336 podiums possibles.

Si l’on demande seulement quels coureurs sont qualifiés pour le tour suivant (les 3 premiers, sans ordre), c’est une combinaison : (83)=3363!=3366=56\dbinom{8}{3} = \dfrac{336}{3!} = \dfrac{336}{6} = 56.

Exemple 3 : la pizza composée

Une pizzeria propose 12 garnitures. La pizza « composée » comprend 3 garnitures différentes (l’ordre ne compte pas), sur une pâte à choisir parmi 3 (classique, fine ou complète). Le nombre de pizzas possibles est :

(123)×3=12×11×103×2×1×3=220×3=660\binom{12}{3} \times 3 = \frac{12 \times 11 \times 10}{3 \times 2 \times 1} \times 3 = 220 \times 3 = 660

En goûtant une pizza différente chaque jour, il faudrait presque deux ans pour toutes les essayer !

Les pièges classiques
  • Avant de calculer, pose-toi les deux questions : ordre ? répétition ? Une main de cartes n’a pas d’ordre ; un code de carte bancaire en a un.
  • Ne confonds pas (nk)\dbinom{n}{k} et n!(n−k)!\dfrac{n!}{(n-k)!} : le second est k!k! fois plus grand.
  • 0!=10! = 1, et non 0 : sinon (nn)=n!n! 0!\dbinom{n}{n} = \dfrac{n!}{n!\,0!} n’aurait pas de sens.

À quoi ça sert dans la vraie vie ?

  • Cybersécurité : un mot de passe de 8 caractères pris parmi 62 (lettres minuscules, majuscules et chiffres) offre 628≈2,2×101462^8 \approx 2{,}2 \times 10^{14} possibilités. À un milliard d’essais par seconde, un pirate mettrait environ 2,5 jours pour tous les tester ; avec 12 caractères, plus de 100 000 ans.
  • Sport : dans un championnat à 18 équipes, chaque paire de clubs se rencontre deux fois (aller et retour) : 2×(182)=2×153=3062 \times \binom{18}{2} = 2 \times 153 = 306 matchs, soit 34 journées de 9 matchs.
  • Génétique : l’ADN s’écrit avec 4 lettres (A, C, G, T) et le code génétique les lit par 3 : il existe 43=644^3 = 64 « codons », pour seulement 20 acides aminés, d’où des redondances.
  • Plaques d’immatriculation : le format français AB-123-CD utilise 23 lettres (sans I, O ni U) et les nombres de 001 à 999. Cela donne 234×999≈28023^4 \times 999 \approx 280 millions de plaques : de quoi immatriculer des voitures pendant des décennies.
  • Probabilités : le coefficient (nk)\binom{n}{k} de la loi binomiale compte les chemins avec kk succès. C’est grâce à lui qu’on calcule la probabilité d’avoir exactement 5 bonnes réponses sur 10 au hasard.

🎯 Quiz : vérifie ce que tu as compris

  1. Combien de codes de carte bancaire à 4 chiffres (de 0000 à 9999) existe-t-il ?

  2. Combien vaut 5! ?

  3. Combien vaut « 2 parmi 6 » ?

  4. 12 chevaux prennent le départ d’une course. Combien de tiercés dans l’ordre (1er, 2e, 3e) sont possibles ?

  5. Un entraîneur doit choisir 5 joueurs parmi 8 pour former l’équipe de départ (sans poste attribué). Combien d’équipes possibles ?

  6. D’après la relation de Pascal, « 3 parmi 7 » est égal à :

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