Dénombrement et combinaisons
Dénombrement en Terminale : principe multiplicatif, k-uplets, arrangements, permutations, combinaisons et triangle de Pascal, avec des listes animées.
📚 Avant de commencer, il faut savoir : Premières notions de probabilités , La loi binomiale
Dénombrer, c’est compter sans lister : on multiplie les possibilités de chaque étape.
Le cadenas de ton casier a 4 molettes de 10 chiffres : codes possibles.
Podiums d’une finale à 8 coureurs : . Pizzas à 3 garnitures parmi 12 : 220. Le tout sans rien lister, ni rien compter deux fois !
Le principe multiplicatif
Si un choix se fait en plusieurs étapes successives, avec possibilités à la 1re étape, à la 2e, …, à la dernière (quels que soient les choix précédents), alors le nombre total de possibilités est :
Un menu avec 3 entrées, 4 plats et 2 desserts offre repas différents. Tout le reste de la leçon découle de cette idée.
Trois façons de choisir k éléments parmi n
Tout dépend de deux questions : l’ordre compte-t-il ? et peut-on reprendre le même élément ?
Un k-uplet d’un ensemble à éléments est une liste ordonnée de éléments, pas forcément distincts. Il y en a :
Un arrangement de éléments est un k-uplet d’éléments distincts. Il y en a :
où se lit « factorielle » (avec la convention ). Quand , on range tous les éléments : ce sont les permutations, il y en a .
Une combinaison de éléments parmi est une partie à éléments, sans ordre. Leur nombre se note et se lit « parmi » :
Pourquoi diviser par ? Parce qu’une même équipe de personnes peut être rangée en podiums différents : chaque combinaison est comptée fois parmi les arrangements.
Change de mode, puis fais varier et : toutes les listes possibles s’affichent. Compare par exemple les arrangements et les combinaisons pour et : 12 podiums, mais seulement 6 équipes, car et forment la même équipe .
Propriétés des combinaisons et triangle de Pascal
- et .
- Symétrie : (choisir les qui jouent revient à choisir les qui restent sur le banc).
- Relation de Pascal : .
- Un ensemble à éléments a parties : .
La relation de Pascal se comprend avec un élément particulier, disons A : soit l’équipe contient A (il reste joueurs à choisir parmi ), soit elle ne le contient pas ( joueurs parmi ). C’est elle qui construit le triangle de Pascal : chaque nombre est la somme des deux nombres situés au-dessus de lui. Dans le widget, les deux cases orange s’additionnent pour donner la case violette.
Pourquoi c’est vrai ?— facultatif, à sauter en première lecture
Pourquoi un ensemble à éléments a-t-il parties ? Pour fabriquer une partie, on passe en revue les éléments un par un et on décide pour chacun : « dedans » ou « dehors ». Cela fait 2 choix, fois : d’après le principe multiplicatif, il y a parties.
Rangeons maintenant ces parties selon leur nombre d’éléments (de 0 à ) : il y en a dans chaque catégorie. On a compté deux fois la même chose, donc
Le triangle de Pascal… n’a pas été inventé par Pascal ! En Chine, Yang Hui le présente en 1261 (il l’attribue lui-même à Jia Xian, au XIe siècle), et Zhu Shijie le dessine en 1303 dans son Miroir de jade des quatre inconnues. En Perse, al-Karaji et Omar Khayyam le connaissaient aussi, et en Italie on parle encore du « triangle de Tartaglia ». Blaise Pascal en fait une étude complète dans son Traité du triangle arithmétique, écrit en 1654 et publié en 1665 : il y démontre ses propriétés par récurrence, l’une des premières utilisations explicites de ce type de raisonnement.
Exemples résolus
Un cadenas a 4 molettes de 10 chiffres chacune. Un code est une liste ordonnée de 4 chiffres, avec répétitions possibles (1 1 2 7 est autorisé) : c’est un 4-uplet de . Il y a codes.
Si les 4 chiffres doivent être distincts, c’est un arrangement : codes.
8 coureurs en finale. Le podium (or, argent, bronze) est une liste ordonnée de 3 coureurs distincts : podiums possibles.
Si l’on demande seulement quels coureurs sont qualifiés pour le tour suivant (les 3 premiers, sans ordre), c’est une combinaison : .
Une pizzeria propose 12 garnitures. La pizza « composée » comprend 3 garnitures différentes (l’ordre ne compte pas), sur une pâte à choisir parmi 3 (classique, fine ou complète). Le nombre de pizzas possibles est :
En goûtant une pizza différente chaque jour, il faudrait presque deux ans pour toutes les essayer !
- Avant de calculer, pose-toi les deux questions : ordre ? répétition ? Une main de cartes n’a pas d’ordre ; un code de carte bancaire en a un.
- Ne confonds pas et : le second est fois plus grand.
- , et non 0 : sinon n’aurait pas de sens.
À quoi ça sert dans la vraie vie ?
- Cybersécurité : un mot de passe de 8 caractères pris parmi 62 (lettres minuscules, majuscules et chiffres) offre possibilités. À un milliard d’essais par seconde, un pirate mettrait environ 2,5 jours pour tous les tester ; avec 12 caractères, plus de 100 000 ans.
- Sport : dans un championnat à 18 équipes, chaque paire de clubs se rencontre deux fois (aller et retour) : matchs, soit 34 journées de 9 matchs.
- Génétique : l’ADN s’écrit avec 4 lettres (A, C, G, T) et le code génétique les lit par 3 : il existe « codons », pour seulement 20 acides aminés, d’où des redondances.
- Plaques d’immatriculation : le format français AB-123-CD utilise 23 lettres (sans I, O ni U) et les nombres de 001 à 999. Cela donne millions de plaques : de quoi immatriculer des voitures pendant des décennies.
- Probabilités : le coefficient de la loi binomiale compte les chemins avec succès. C’est grâce à lui qu’on calcule la probabilité d’avoir exactement 5 bonnes réponses sur 10 au hasard.